Konbini

konbini

 

Titre: Konbini

Auteure: Sayaka Murata

Editions Denoël, 128 pages

 

Résumé

Depuis l’enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. À trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n’a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s’inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d’œuvre, la supérette embauche un nouvel employé, Shiraha, trente-cinq ans, lui aussi célibataire. Mais lorsqu’il apparaît qu’il n’a postulé que pour traquer une jeune femme sur laquelle il a jeté son dévolu, il est aussitôt licencié. Ces deux êtres solitaires vont alors trouver un arrangement pour le moins saugrenu mais qui leur permettra d’éviter le jugement permanent de la société. Pour combien de temps…

 

Mon avis

J’ai découvert ma passion pour le Japon il y a environ dix ans. J’ai eu la chance d’y aller quatre fois et je connais de plus en plus de moeurs sur cette culture si particulière. Bon nombre de choses font que les japonais sont assez particuliers et les français par exemple, ne comprennent pas certaines traditions ou certains délires japonais… et parfois moi non plus. Pourtant, j’y retourne toujours. Le Japon a une saveur particulière qui fait que ma curiosité n’est jamais assouvie, et ce livre m’a fait découvrir un aspect que je connaissais mais sous un angle différent.

Keiko a trente-six ans, elle est célibataire, et au Japon ce n’est pas très bien vu à son âge. Elle est différente même si pour elle, tout semble normal puisqu’elle est heureuse dans sa vie. Elle travaille avec passion dans ce konbini (en anglais convenient store, donc abrégé, konbini, le « v » n’existe pas en japonais) depuis dix-huit ans et ne se pose pas plus de questions. On sent que Keiko vit pour ce travail, elle est même quasi en mode automatique de sa vie par rapport au konbini.

Pourtant, le regard des autres change peu à peu, ses amies désespèrent qu’elle ne trouve pas un homme, car pour elles travailler dans ce konbini à son âge est assimilé à une maladie, et tant que Keiko ne sera pas mariée, elle sera en marge de la société. C’est malheureusement très vrai au Japon.

« Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté. Voilà pourquoi je dois guérir. Autrement, je serai éliminée par les personnes normales. »

Qu’est-ce que la normalité? Au Japon, être marié(e) avant vingt-cinq ans, avoir un enfant dans l’année du mariage, arrêter de travailler pour l’épouse, s’occuper de son mari et tenir la maison… Ça peut paraître très cliché, très années 50 mais les japonais appliquent encore aujourd’hui ce mode de vie. Alors bien sûr pas tous! Mais on sent le poids de la tradition…

Puis Keiko va faire la rencontre de Shiraha, qui a le même âge mais qui va vite être renvoyé du konbini. Ensemble, ils vont se rendre compte qu’ils sont différents, et vont conclure un marché pour qu’ils soient définitivement intégrés dans la société dans laquelle ils vivent…

Ce livre est un vrai coup de coeur. Déjà parce que j’aime le Japon (non sans blague…) et aussi parce que l’auteure décrit parfaitement les situations auxquelles Keiko et Shiraha doivent faire face. Un lecteur novice du Japon pourra trouver certains passages très clichés, qui en fait ne le sont pas. Le konbini est la métaphore parfaite pour décrire la société japonaise.

La plume de l’auteure est très précise, chaque mot est utile, j’ai été scotchée par la vérité de ce livre. J’avais l’impression d’écouter une japonaise me parler dans sa langue, de façon assez monotone, neutre, mais réaliste, comme dans certains animés. Peu ou pas de sentiments. J’ai adoré ce livre, vraiment.

 

Conclusion

J’ai du mal à conclure cette chronique car ce livre sera sûrement un petit olni (Objet littéraire non identifié) pour certains, mais il faut le découvrir, ne serait-ce que pour prendre du recul sur notre société et la comparer un peu à la société japonaise, tout de même très différente. Et ce livre est franchement drôle et cynique à certains moments 🙂

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6 commentaires

  1. Ta chronique fait envie en tout cas ! Je ne sais pas si tu regardes des dramas, mais la série Kekkon Shinai traite justement de cette « problématique » des gens qui ont passé 30 ans sans être marié. En effet, certains passages peuvent faire cliché aux yeux des occidentaux, mais tu vois bien toute la pression sociale qui pèse sur ces gens « hors-normes ».

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