Dernière sortie pour Wonderland

Dernière sortie pour Wonderland

 

Titre: Dernière sortie pour Wonderland

Auteur: Ghislain Gilberti

Editions Ring, 481 pages

 

Résumé

Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.
Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

 

Mon avis

Quand on parle d’Alice au pays des merveilles, nous avons presque tous en tête l’adaptation de Disney faite en 1951 et qui reste un de mes dessins animés préférés. Lire ce livre fait clairement passer du côté obscur, et on ne verra plus jamais son auteur de la même façon.

Tout d’abord il faut mettre en place le contexte. Alice Price s’apprête à donner un concert d’électro, à notre époque, et elle tombe sur un type qui va lui fournir un nouveau genre de drogue, une poudre violette, qui va l’emmener loin, très loin… trop loin dans l’univers de Lewis Carroll.

Allez, ne me dites pas que vous êtes choqué par ce synopsis, on se doute que quand Carroll a écrit son Alice, il ne devait pas tourner au lait-fraise! Soit, c’est un peu perché, l’univers est psychédélique, ça sort de l’ordinaire, Alice grandit, rapetisse, mange des champignons bizarres, parle avec une chenille et des fleurs… Bon. Mais là où Ghislain Gilberti frappe fort, c’est lorsqu’il rapproche le conte et le livre de Lewis Carroll, à l’homme en lui-même, et là…. enfance détruite.

Lewis Carroll était un pédophile refoulé, amateur de photographie pornographique…. voilà voilà. Avec cet élément, Alice au pays des merveilles prend une toute autre dimension non? Et là, on peut vraiment rentrer dans l’histoire de Ghislain Gilberti.

C’est avec une écriture plus qu’immersive que l’auteur de Dernière sortie pour Wonderland va nous transporter dans des mondes parallèles où se mêlent réalité et fiction. On retrouve dans l’un de ses mondes, Lewis Carroll, et ses pratiques franchement malsaines, dérangeantes, dégueulasses envers de petites filles. Ces passages mettent clairement mal à l’aise, âmes sensibles s’abstenir. Pourtant, l’histoire que vit Alice Pride est carrément addictive.

Il n’y a jamais de répit pour le lecteur, l’action s’enchaine tout le temps. Même si on connait bien l’histoire d’Alice au pays des merveilles, on sait à peu près comment va se dérouler l’histoire, même si à partir du chapelier, l’intrigue prend une autre tournure. On sent que c’est à partir de la moitié du bouquin que l’univers et la richesse des idées de Ghislain Gilberti prend toute son ampleur. Il réussit à mêler le côté barré, et même drogué d’Alice, et celui totalement glauque de Carroll. C’est très fort et ça rend le lecteur accro.

J’ai adoré ce livre de la première à la dernière page. Tout est parfaitement bien raconté et ficelé, il faut juste accepter de se perdre un peu, Ghislain Gilberti sera là pour nous guider dans ces bas-fonds un peu crades, et il répondra à toutes nos questions, résoudra toutes les énigmes à la fin du livre….. ou presque? Où est la réalité, où s’arrête-t-elle pour laisser place à l’imaginaire?…

 

Conclusion

Ce livre ne conviendra pas à tout le monde, certains passages sont très malsains, mais Ghislain Gilberti nous livre là sa version d’Alice en la mélangeant à la personne même de Lewis Carroll. On ne lira ni ne regardera Alice au pays des merveilles de la même façon…

6 commentaires

  1. Ca a l’air vraiment bien! En lisant Alice au Pays des Merveilles illustré par Benjamin Lacombe il y avait une préface et une postface qui racontaient un peu la vie de l’auteur et son inspiration d’Alice et autres petites filles pour son récit. C’était très malaisant de lire l’histoire après ça ^^’

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  2. C’est en découvrant certaines chroniques de ce livre que j’ai appris les penchants de Lewis Caroll… n’ayant jamais aimé Alice, savoir ça me rebute encore plus… à croire que je fais partie des âmes sensibles qui devraient plutôt s’abstenir 😏

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  3. J’avoue que si c’était édité chez quelqu’un d’autre que Ring, je dirai pas non, mais j’ai un peu de mal avec cette maison d’édition… Enfin c’est un autre débat ^^
    Je connais plutôt bien les penchants malsains de Caroll mais je n’arrive pas à m’empêcher d’aimer profondément l’histoire d’Alice (la fille tordue quoi), donc je ne suis pas certaine que ça me conviendrait dans mon propre paradoxe. Mais je suis curieuse.

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  4. Et bien comme quoi, on en apprend tout les jours… Je ne me suis jamais penchée vraiment sur ce conte et je ne savais même pas que l’auteur avait ce genre de vie et de penchants… Par contre, je ne serai pas contre l’idée de lire ce livre. Très belle chronique 😊

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